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Marie Antoinette : le rapport au corps par vu par Luna Tristá

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Dans cette série, Luna expose des corps sans visage sous une lumière crue, terriblement puissante. Son regard sublime les courbes, la peau, les poils… sujets aussi banals qu’intimes et précieux – car rarement offerts à la vue de toustes – dans une sorte de voyeurisme bienveillant et libérateur.

Rencontre avec la photographe pour en savoir plus.

Source : Luna Tristá

Qui es-tu Luna Tristá ?

Je suis Luna Tristá, Cubaine, féministe et artiste. Portée par la nostalgie, il n’y a rien qui m’excite plus que le passé. Je me définirais comme quelque chose comme « Dame nostalgique du XIXe siècle ».

Quand et comment t’es-tu lancée dans la photographie ?

En 2006, j’ai commencé ma formation de photographe à la Barcelone School of Image and Design. La poésie et la musique m’ont toujours accompagnée et ont directement influencé mon œil photographique. 

Source : Luna Tristá

J’ai étudié le violon en Italie tout en écrivant de la poésie érotique, prenant toujours du rythme et de l’audace dans mes photographies.

Depuis toute petite, j’ai toujours été attirée par les albums photos, leur histoire et l’histoire que l’on ajoute en se connectant à eux, avec l’image à travers le sujet. Ce besoin de raconter visuellement des expériences ou les miennes a servi de déclencheur pour m’initier au monde de la photographie.

Source : Luna Tristá

Est-ce que tes sources d’inspiration ont évolué avec ta pratique ? Quelles-sont-elles aujourd’hui ?

La femme et le corps féminin sont le cœur de mon inspiration. Toutes les disciplines que j’exerce, toutes, sont connectées au corps. Comment peut-on parler d’une personne si l’on ne connaît pas ce qui nous compose ? Nous sommes fait.e.s de chair pleine d’imperfections formidables qui font de nous des êtres extraordinairement beaux et différents. 

Chaque prise est un défi, car chaque personne a une histoire différente de la précédente et de la mienne. Cependant, il y a toujours un moment où je me dis : « maintenant, je suis connectée à son/mon histoire, et c’est là que je prends LA photo ».

Source : Luna Tristá

Peux-tu nous raconter ton processus créatif pour tes séances photo en général ? Et pour celle-ci en particulier ?

Tout le discours de mon travail est basé sur l’érotisme féminin : la femme au centre, le corps, l’adolescence, l’identité de genre, et tout ce que nous refoulons et essayons de faire taire.

Quand je commence un projet, je fais des recherches sur le sujet que je veux traiter. Ce sont généralement des sujets liés à mon histoire personnelle.

Source : Luna Tristá

Marie Antoinette est la dernière série sur laquelle je travaille, née de souvenirs intimes, de correspondances secrètes, du besoin de donner une voix au corps, de le partager dans son entièreté et de l’exposer avec la liberté qu’il mérite. Tout le travail que j’expose parle de moi. C’est mon histoire racontée à travers un corps qui n’est pas le mien.

Source : Luna Tristá

Qu’est-ce qui a particulièrement inspiré cette séance photo ? 

Les pulsations qui nous amènent à notre propre désir. La communication par le corps, la jouissance et l’acceptation du plaisir lui-même. 

Marie Antoinette est une série sur laquelle j’ai commencé à travailler en 2020, ce sont des photos de personnes avec qui je n’ai aucun lien. L’objectif de la série est de positionner l’observateur en tant que voyeur, et de donner à la personne photographiée le pouvoir d’exposer son corps avec la liberté qu’elle décide.

Source : Luna Tristá

Tu photographies des corps nus. Est-ce que la photographie a pour toi un impact sur le rapport au corps, sur ton propre rapport au corps ?

Je photographie le corps nu parce que je pense que c’est une des formes les plus directes et sincères que l’on ait pour s’exprimer. En s’exposant au regard d’un.e inconnu.e, nous nous exposons également à nous-même et au regard que l’on se porte.

Source : Luna Tristá

Est-ce que ta photographie a un aspect politique, ou militant ? 

La photographie revendique, s’expose, monte sur le podium, et se transforme. Tout manifeste est un acte révolutionnaire. La photographie donne le pouvoir d’observer, de raconter, de partager sa propre histoire et celle des autres. La femme est le point central de mon œuvre, et à partir d’elle, de nous, je m’exprime en créant une réflexion sur le corps, le sexe et la morale.

Source : Luna Tristá

Qui sont les photographes et artistes que tu admires particulièrement ?

Mes référents sont Diane Arbus, Nobuyoshi Araki, Toshio Saeki, Bukoswki : tous sont liés par le grotesque, l’audace, et ce qui est considéré comme politiquement incorrect.

Je suis également cette direction, mon œuvre parle de ça.

Photographe : Luna Tristá
Site web : www.lunatrista.com
Insta : @lunatrista

Propos recueillis par Lila

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