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Update : le come back / pourquoi nous sommes parties

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Hello !

C’est Lila, la première moitié de GGang Magazine. Comme cet.te ex qui t’a ghosté.e du jour au lendemain, je reviens sans prévenir presque deux ans plus tard.

Les débuts de GGang

2016

En novembre 2016, je suis en M2 et très très enthousiasmée par le féminisme – qui certes, n’est pas une découverte, grâce à l’éducation de mes parents (thanks mum and dad!), mais qui m’anime bien plus qu’à l’accoutumée, allez savoir pourquoi.

C’est l’objet de mes travaux de recherche, de mes lectures, engagements associatifs… bref je suis à fond. 

Source : Markus Spiske

Flashback : 1994-2014

Malgré une éducation quasi non-genrée, un encouragement à me dépasser, à accéder à l’indépendance économique et intellectuelle, et à ne surtout pas me soucier d’avoir un homme dans ma vie, il y eût comme un léger hic : j’ai été biberonnée aux magazines féminins. Dès que j’ai su lire, j’ai lu ceux qui trainaient dans les toilettes de la maison familiale, puis à l’adolescence, je me rendais chaque semaine au bureau de tabac du village acheter mes précieux papiers.

La lecture de ces torchons eût sans aucun doute des effets dévastateurs sur mon estime et mon rapport au poids.

2014

A l’âge de 19 ans, après un voyage de plusieurs mois au cours duquel je n’en avais lu aucun, l’ouverture d’un numéro de Marie Claire me laissa un souvenir indélébile : avec un regard neuf sur ces revues qui m’étaient auparavant habituelles, impossible de ne pas voir à quel point leur contenu était superficiel et infantilisant. « Les musts de l’été », « les hits de la rentrée », les petites astuces beauté des unes, les tips minceur des autres, ce qui plaît ou non aux hommes… Et surtout : de la publicité sur presque 95% des pages. Quelle horreur. Il devait bien exister une alternative ? En 2014, il n’y avait que peu de revues, y-compris en ligne, qui se présentaient comme alternatives aux magazines féminins. Par ailleurs, leur ligne éditoriale ne me correspondait pas. Voilà comment l’idée d’un nouveau magazine féminin a germé. D’ailleurs, j’adorais écrire et avais déjà, à plusieurs périodes de ma vie, exprimé le souhait de devenir journaliste.

2016 – 2018

Il me fallut attendre fin 2016, durant mon année de M2 pour avoir un déclic. J’en ai immédiatement parlé à ma petite sœur, militante féministe avec qui j’avais des discussions très animées. L’idée lui plaît : on va se lancer.

Durant toute l’année 2017, on réfléchit au nom, on griffonne des articles dans notre coin, j’apprends à créer un site web avec WordPress… mais rien ne bouge vraiment. Jusqu’à ce que j’obtienne mon Master, et enfin libérée, aie le temps de réellement me consacrer à ce projet, de récolter le premiers articles et de lancer le site, en janvier 2018. Le 21 janvier pour être plus précise.

Janvier – août 2018

La joie de se lancer

Quelle fierté ! Nous l’avions fait. Un média digital qui se présentait ainsi : « Par des femmes, pour les femmes » ; « inclusif, collaboratif, bienveillant ».

Enfin une plateforme en français diffusant le contenu que je voulais lire. Et nous étions tellement fières de nos premiers articles : « Pourquoi j’entame une trêve des dates hétérosexuels », par Emma ; « Lynsey Addario : quand une photographe de guerre démonte les clichés », par mon amie Chloé ; « Faut-il vraiment dévisser l’ampoule d’une autre femme pour briller ? », par Anaïs, du blog Anahit of Erebuni … et bien d’autres.

Nous avions pris le temps d’écrire des articles de notre côté, avions encouragé nos amies à participer à l’aventure, puis, dès la publication du site et du compte Instagram, nous avions lancé un appel à contributions à destination de jeunes auteures et artistes qui souhaiteraient contribuer bénévolement à ce projet.

Un peu comme une bouteille à la mer, en se demandant : est-ce que ça va intéresser quelqu’un.e ? Et oui ! Nous recevions rapidement quelques propositions. Ainsi de janvier à septembre 2018, nous avons alimenté régulièrement le site, pour un total de 31 articles publiés, sur des thèmes divers et variés : santé-mentale, rapport au corps, racisme et représentation des minorités, ou encore classisme musical ; et sous divers formats : témoignages, poésie etc.

La tête sous l’eau

La joie entrepreunariale ne durant qu’un temps, notre enthousiasme des débuts a rapidement été confronté à certaines difficultés.

En premier lieu, celle d’être totalement débutantes dans notre « entreprise » (au sens large du terme). Nous n’avions pas de méthode de travail et gérions ce magazine « au feeling », avec une planification (publications sur le site et réseaux sociaux) pour le moins bancale. Très vite, les mails se sont accumulés, notre to do list explosait, alors-même que notre temps disponible et notre motivation faiblissait. Et pour cause : nous ignorions, au lancement, à quel point ce projet serait chronophage et avons donc très vite été submergées par toutes les tâches à accomplir, alors que GGang Magazine n’était qu’un loisir à coté de nos études et vies professionnelles.

Un loisir qui néanmoins avait pour chacune de nous une portée symbolique et affective forte. C’est pourquoi il est rapidement devenu difficile de travailler ensemble. Sans process pour gérer le flux de tâches à réaliser, nous faisions tout main dans la main, avec une volonté de parvenir à un consensus total à chaque fois que la moindre décision était à prendre. Je vous laisse imaginer le désastre. Nous pouvions rester bloquées des jours sur une micro-tâche parce que l’une ou l’autre n’était pas prête à faire de concession sur son point de vue. Notre relation en a beaucoup souffert.

Août 2018 – Avril 2019

En août 2018, Emma est partie étudier à New York. Peut-être ce voyage sera-t-il l’occasion d’un renouveau de GGang Magazine et d’un regain de motivation pour chacune d’entre nous ? Pensait-on. Que nenni. La distance n’a fait qu’empirer nos difficultés à collaborer.

Source : Luis Dalvan

Le 29 septembre nous publiions notre dernier article. Malgré un désinvestissement total, nos publications Instagram (le plus simple !) étaient programmées jusqu’au 13 décembre.

Nous abordions les fêtes de fin d’année avec l’amertume d’un beau projet avorté, mais un certain soulagement d’avoir une galère de moins à gérer.

Avril 2019 – maintenant

La vie continue

« C’est vraiment dommage quand même d’avoir arrêté, vous aviez un super projet et bâti une communauté engagée » (un proche, avril 2019).

Oui, c’est vrai que c’est dommage mais dans la pratique ça ne marche pas. Et on a bien d’autres choses à faire (métro, boulot dodo, tu connais).

Je me suis pourtant essayée à « relancer la machine » en commettant l’exploit (lol) de publier sur Instagram entre le 6 avril et le 29 mai 2019, sans plus de motivation.

La machine, c’est moi. Et ça ne se relance pas. Le cœur n’y est pas.

Depuis, mes projets professionnels évoluent, j’ai relevé de nombreux défis. Et puis j’écris un peu dans mon coin, majoritairement de la poésie. Pour ma sœur, pareil. De retour des Etats-Unis, elle a enchaîné les projets et trouvé sa voie.

Et si on remettait ça ?

Évidemment, l’idée de reprendre GGang Magazine est revenue sur le tapis quelques fois. Pour Emma : nope. Même pas la peine d’y penser.

Moi, l’envie de m’y remettre me chatouille un peu.

Toutefois le projet sous sa forme initiale n’est plus exactement en alignement avec mes convictions. Deux-trois trucs vont changer par ici. GGang Magazine restera essentiellement le même, mais je souhaite me pencher sur les valeurs défendues par le magazine depuis ses débuts et son slogan « magazine féminin inclusif, collaboratif, bienveillant ».

  • Un magazine féminin ?

GGang Magazine a été conçu comme un média féminin, car alternatif aux magazines féminins classiques. Néanmoins le « Women only » me pose difficulté – ce qui m’amènera aussi à évoquer la question de l’inclusivité quelques lignes plus bas.

Source : Polina Zimmerman

Le féminisme girly à base de Girl Power et Girlboss, j’en ai été, cela m’a portée. Mais j’y vois certaines limites. Je ne me sens plus en accord avec un projet envisagé à travers le prisme de la binarité. Cette dénomination de magazine « par les femmes, pour les femmes » (comprenez : par opposition aux hommes et plus particulièrement aux hommes cisgenre), coince : quid des personnes non-binaires?

  • Inclusif ?

Clairement, il y avait un problème : comment se revendiquer inclusif quand l’essence-même du projet est exclusive ? « Féminin inclusif » … cela n’a plus vraiment de sens pour moi aujourd’hui.

Au-delà de la question du genre, Emma m’avait rapidement alertée sur l’emploi de ce terme, quelques mois après le lancement du magazine.

« Lila, j’aimerais qu’on réfléchisse au terme « inclusif » et à sa pertinence pour notre magazine, parce que ça signifie qu’on inclut des personnes dans quelque chose, mais ce n’est pas clair ».

J’ai jeté un œil à la définition du terme : « Qui contient en soi quelque chose » ; ou encore : « qui intègre une personne ou un groupe en mettant fin à leur exclusion ». Moui. Je ne comprenais pas qu’elle soit aussi tatillonne pour une expression si communément employée, notamment dans la sphère médiatique. Inclusif, cela signifie qu’on ne veut pas exclure.

Et puis de toute façon on a bien d’autres chats à fouetter.

Quelle arrogante faisais-je.

Aujourd’hui je regrette que ce terme « bateau » soit devenu un argument marketing. Et puis, peut-on être réellement inclusif, n’exclure absolument personne ?

Si GGang Magazine a évidemment vocation à mettre en valeur des voix aussi diverses et variées que possible, et à n’exclure aucune minorité, il n’a plus la prétention de parler à « toutes les femmes », encore moins à « tout le monde », tout simplement car il ne peut garantir que toutes les minorités, toutes les catégories de personnes souffrant d’oppression y seront équitablement représentées.

Son comité de rédaction est composé par une seule personne : moi, femme cis blanche valide. La diversité de ses contribut.eur.ice.s bénévoles pourra être, en revanche, représentative de la diversité de notre société. Par ailleurs, GGang reste conçu comme un safe space, et je veillerai toujours  – cela tombe sous le sens – à ce qu’aucun contenu, offensant d’une quelconque manière pour une communauté, n’apparaisse sur cette plateforme.

Il demeure qu’assurer être un outil « d’inclusion » me semble trop prétentieux pour la modeste démarche portée par ma seule personne.

Source : C Technical
  • Collaboratif ? Plutôt participatif.

Collaboratif, en revanche, je dis oui ! Toujours. Même si on préfèrera désormais le terme « participatif », à l’initiative d’Emma.

C’est l’essence-même de GGang Magazine, à sa création.

Pour participer : rendez-vous juste ici.

  • Bienveillant ?

Oui et non.

Je réitère que ce média est conçu comme un safe space, qui se veut accueillant et chaleureux.

Néanmoins, GGang Magazine ne se doit pas d’être bienveillant à l’égard de n’importe qui.

Une publication militante pouvant apparaître comme agressive ou violente à l’égard de l’agent oppresseur aura toute sa place sur cette plateforme.

GGang Magazine n’est pas non plus un média « positif ». La tristesse, la frustration et la colère seront justement accueillies avec bienveillance entre nos pages – virtuelles.

Heureuse de vous retrouver !

Fondamentalement, GGang n’aura pas réellement changé. Simplement : un comité de rédaction restreint, un regain de motivation, des valeurs et une ligne éditoriale plus ouvertes et plus claires ; plus d’organisation et de professionnalisme également… Probablement la maturité, le temps qui passe !

Nous avions rassemblé une super chouette communauté de 10 000 personnes sur Instagram, qui ont participé au – très modeste, certes – succès du projet (mais pour nous c’en est un !)

Chacun de vos partages, commentaire, like, clic sur le site était une motivation de dingue. Quand je pense qu’au début on peinait à croire qu’on pourrait à voir ne serait-ce qu’un.e lect.eur.ice en dehors de nos proches ! Merci, du fond du cœur.

Certaines personnes se sont perdues en cours de route, mais pour celleux qui sont encore là : welcome back ! Quel plaisir de vous retrouver !

J’ai repris la plume pour rapidement alimenter cette nouvelle version de GGang Magazine, mais j’espère pouvoir prochainement lire des voix nouvelles, d’auteur.e.s et autres artistes souhaitant apporter leur contribution au projet – si c’est votre cas : cette page n’attendait que vous !

Sur les réseaux sociaux également, les conversations reprennent : rendez-vous sur Instagram et Twitter pour ne pas en perdre une miette.

À bientôt pour de nouvelles aventures !

Lila

Source image d’accueil : Steve Johnson

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