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Lettre à une amie d’enfer

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Source : @louiseganot (Instagram)

Nous étions bien là, à écouter des niaiseries à la radio, à bitcher sur nos ex, à manger des plâtrées de pâtes au beurre, à parler de nos rêves et des garçons qui nous plaisaient sauf que là, boum, sans crier gare c’est arrivé, la fameuse crise, le trop plein d’émotions, la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Un jour je t’ai rencontrée, tu m’as tout de suite plu, avec ta chevelure brune, ta peau mate et ton franc parler, tu étais mon opposée, mais nous avions beaucoup de goûts communs comme la musique ringarde ou les fringues vintage.

Nous étions deux grandes sensibles, heurtées par l’absence de nos pères, le tien n’était plus là depuis longtemps et le mien jouait le rôle de l’homme invisible, présent par alternance et peu démonstratif.

Cela a nourri notre appétit féroce pour les défis, se surpasser, prouver aux autres qu’on peut le faire, briller nous aussi.

J’étais toujours en admiration devant toi, tout ce que tu faisais étais forcément génial ! Tu étais la plus belle, la plus talentueuse, la plus ambitieuse aussi et je passais mon temps à te lister tes qualités quand je me demandais souvent quelles étaient les miennes.

Toi aussi tu manquais de confiance en toi, mais dès le début tu avais bien compris que tu m’avais à ta merci, et tu en as profité.

Ça partait souvent de rien, un mot que j’avais mal employé, ou alors si j’arrivais avec quelques minutes de retard à nos rendez-vous en ville.

Je me souviens avoir pleuré à plusieurs reprises, après des disputes interminables au téléphone, tu t’acharnais à tout va, tout vient, me reprochant de ne pas être là alors qu’on se voyait quasiment tous les jours, d’être une mauvaise amie en somme.

Et puis un jour cela arrive, on se rend compte que cette amitié est nocive, qu’on souffre plus qu’on ne partage de bons moments, et qu’il faut briser le lien.

Source : @louiseganot (Instagram)

Je me suis éloignée de toi inconsciemment, peut être parce que je savais que j’en avais besoin.

Tu m’as rappelée et tu m’as incendiée, recommençant tes speeches accusateurs.

J’ai raccroché et dans ma tête je savais que c’était fini, nous avions vécu ce que nous devions vivre, mais nos chemins devaient prendre des routes différentes.

Aujourd’hui, je n’ai plus de tes nouvelles, nous vivons dans deux villes séparées.

Je suis parfois nostalgique de nos moments de complicité car malgré tout il y en avait, mais je sais que nous ne sommes pas destinées à nous retrouver.

Quand je pense à tous nos souvenirs, je suis heureuse d’avoir ressenti cette amitié si forte pour quelqu’un un jour, mais je sais que la route est longue et parsemée de rencontres, bonnes comme mauvaises.

Anonyme

Initialement publié le 29/09/2018

Source de l’image d’accueil : @louiseganot (Instagram)

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