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Déclaration de paix avec mon corps

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L’autre jour, je me suis retrouvée nue devant les miroirs de ma chambre. Des miroirs immenses, directement posés sur les portes de ma penderie. Le genre de miroirs tellement imposants que tu ne peux pas louper ton reflet, à moins de te planquer dans un coin de ta chambre pour t’habiller.

Bref, toujours est-il que je n’avais jamais eu de tels miroirs avant de déménager dans mon propre appartement, il y a à peu près deux mois. J’étais donc postée là, à énumérer, comme à mon habitude, mes défauts un à un avec un air dépité. Ma vie a repris son cours, puis je me suis posée et j’ai commencé à penser au fait que toute cette observation de mes défauts ne servait finalement à rien. Me dire que mes cuisses sont trop grosses ne les fera pas devenir plus minces. Me dire que la peau de mes bras pendouille et que ce n’est pas très gracieux ne la rendra pas plus ferme. 

Alors oui, c’est facile à dire, et ce qui suit va peut être paraître encore plus évident et bateau, mais plus que tout, c’était MON corps que j’avais en face de moi dans le miroir, pas celui de quelqu’un d’autre. Et je me suis dit qu’après tout je ne pouvais rien n’y faire, j’aurais beau me plaindre de telle ou telle partie de mon corps, celui-ci ne pourra pas fondamentalement changer. C’est con mais c’est comme ça. Je suis née avec un corps, celui-ci n’a cessé d’évoluer et continuera de changer jusqu’à la fin de ma vie. Alors je me suis dit il était peut-être temps que je commence à l’apprécier tel qu’il est. 

Ce que je suis en train d’écrire, je l’ai déjà lu des centaines de fois, je ne cherche pas à avoir un discours révolutionnaire. C’est juste que depuis que je me suis fait cette réflexion, j’ai pensé qu’il serait bien de l’écrire car il y a bien des moments où je suis incapable de prendre du recul par rapport à mon corps, par rapport à ce que je dégage. 

Je suis atteinte du syndrome de la comparaison obsessionnelle – oui je viens de l’inventer, ce syndrome, mais je trouve que ça sonne plutôt pas mal – je fais partie de cette « génération Y » mille fois décrite, ultraconnectée. Je suis confrontée aux images des autres des centaines de fois par jour. Par choix, me direz-vous – et à raison, car après tout rien ne me force à ouvrir ma page Instagram cinquante fois par jour. 

Mais Instagram justement, c’est le temple des photos arrangées qui veulent te faire croire que « wow ma vie est extraordinaire, regarde comme je suis belle ». Quand je suis sur Instagram, j’ai toujours la fâcheuse tendance à retourner sur le profil de personnes comme Lily-Rose Depp ou Gigi Hadid – ces filles qui ont l’air tout droit sorties d’une publicité Chanel au saut du lit – de façon régulière. Je n’y vais pas tous les quatre matins, mais de temps en temps, je tombe dessus. 

Alors forcément, quand déjà je broie du noir à l’idée de me confronter à l’image des autres, aller sur ce genre de profil n’est vraiment pas une bonne idée. Mais je ne sais pas, je trouve qu’il y a côté fascinant à se dire que ces filles ont quasiment mon âge et semblent avoir une vie tellement parfaite. Je dis « semble » parce que maintenant, j’arrive à prendre du recul par rapport à toutes ces images, je sais que toutes leurs publications ,et globalement toutes celles que l’on trouve sur Instagram, sont pensées à l’avance et manipulées pour générer du like

Le truc, c’est que pendant une période, quand j’y allais, je n’arrivais plus à faire la différence entre ce qui était trafiqué ou non.  Mon seul réflexe quand je voyais la photo d’une fille, c’était de me comparer. 

Du coup, quand je me retrouvais face à mon miroir, toutes ces photos me revenaient en tête et je déprimais, parce que forcément, tu parais tout de suite  plus jolie avec un filtre que le matin quand tu viens de te lever et que tu as encore des cernes qui te descendent jusqu’aux genoux. 

Bon alors vu comme ça, ce que je viens d’écrire peut paraître très superficiel, mais c’est justement tout ça qui m’a permis de me dire que j’aurais beau aller sur le profil de ces filles, je ne serai jamais elles. 

Alors plutôt que de geindre à cause de ça, je devrais peut être fermer Instagram et commencer à vivre ma vie, et arrêter de la vivre à travers les autres.

Chloé

Initialement publié le 15/04/2018

Source de l’image d’accueil : Brunna Mancuso, @brunnamancuso (Instagram)

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