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Au nom de la femme

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Au nom de la femme,

Sa beauté ensevelie sous les coups porte encore le charme d’autrefois. Ses yeux bleu marron jaune brillent encore comme la flamme de l’espoir. Son corps rougi, cassé, rêve encore de tendres caresses. Mais la corolle s’est refermée doucement, attendant la fin de l’orage et les prémices de l’éclaircie pour se rouvrir et que ses pétales rejaillissent sous le soleil. Son sourire a pâli. Pourquoi?

Il était doux comme un agneau. Attentif amant, mari tel un prince charmant. Plein de petites attentions pour sa princesse. Des baisers passionnés. Des petits déjeuners au lit, avec la rose odorante sur le plateau, à côté du bol fumant de café et des tartines grillées juste ce qu’il faut, le beurre et la confiture qu’elle adore depuis qu’elle est toute petite. Des regards amoureux qui ouvrent le portes d’un avenir heureux.

Puis, il y a eu un jour, un repas qui ne lui a pas plu. Et la première dispute est tombée. La surprise, les excuses. Je ferai mieux la prochaine fois. Là, j’étais fatiguée. Lui, qui exagère sur la qualité du repas. C’était pas le top. Pas assez de sel. Trop cuit. Trop ci, trop çà. Puis, la tension est retombée. Les excuses des débuts et les baisers de consolation, le câlin sur l’oreiller. La dispute vite oubliée. Ce n’était qu’un nuage….

Puis, il y a eu un retard. Il y avait encore de quoi faire au boulot. Le repas n’est pas prêt. Il râle. Elle se précipite au fourneau. Elle fera un truc vite fait. Tu n’est vraiment pas une bonne cuisinière ! Je ferai mieux demain….Première larme versée au coin de l’oeil discrètement. Il mange. Le silence s’est installé. pesant.

L’engrenage…. Rabaissée. Humiliée. Rattrapée. Aimée de nouveau. Désaimée. Baiser même quand on est fatigué. Ne plus avoir envie mais il veut. Elle ne peut pas le décevoir…. Ils sont mariés. Et un jour, l’agneau revient. Il veut un enfant. Ce sera merveilleux. La maison, on va l’agrandir. Arrêt pilule. Angoisse. Test. Ah c’est positif. Il est heureux, il va être Papa !!

Mais le ventre rond prend de la place. Elle veut moins ou plus trop. Le mari pourtant exige d’être comblé encore et encore. Elle est casse-pied. Elle se rend pas compte qu’il souffre? Elle le délaisse.

Un jour, le ventre est presque à terme. Elle n’en peut plus. La fatigue s’est installée et les exigences de monsieur deviennent dures à assouvir. Elle dit non. Pour le bébé. Elle est épuisée. Il comprendra. Mais il comprend pas. Il s’énerve. S’imagine des choses. Elle a un amant c’est certain. Toute des putes au fond. Et la gifle part… Forte, très forte. Sa joue rougie sérieusement. Elle met sa main dessus. Sa joue est brûlante de douleur. Pourquoi?

L’engrenage….Tous les coups sont permis. Toutes les excuses sont bonnes pour la tabasser. Mais de toute façon, c’est sa faute à elle. Elle est devenue une autre. Elle a changé. Lui, il fait tout pour elle. Elle se rend pas compte de ce qu’il fait pour elle.

Les eaux coulent entre ses cuisses. Urgence. Arrivée imminente de bébé. La trêve…  C’est une petite fille… Elle est belle comme un coeur. Un ange tombé du ciel. Ils sont heureux maman et papa. C’est l’ironie du bonheur. Madame on va vous soigner le poignet. C’est vraiment pas de bol de vous l’être foulé. Ne vous inquiétez pas. On va vous aider. Pâle sourire. Bébé pleure. Il faut l’allaiter. Mais elle est fatiguée.

Retour. La maison reprend vie. Entre cris, pleurs et sourires de bébés. Le rythme change mais l’agneau attend la pleine lune… Il y aura transformation.

Punching ball improvisé. Match inégal. Bourreau contre victime. Le sang ne comble rien. La poupée se casse, s’émiette mais dans la maison, le bébé est protégé. Touche pas à mon ange !  L’entourage ne dit mot mais observe d’un oeil accusateur…

Elle est maladroite comme toujours. Elle est tombée dans l’escalier. Elle s’est pris une porte. Fausse couche. Bébé a grandit. Il pleure. Il parle. Le masque tombe…

Tu n’es rien sans moi. C’est çà casse-toi !! Tu iras où? Chez lui, chez ton amant? Tu reviendras, tu m’entends? Tu reviendras !!! Si tu pars je te préviens, çà finira mal…

Elle a le nez cassé. Des côtes fêlées. L’arcade ouverte. Elle pisse le sang. Elle arrive à la gendarmerie pas loin de chez eux, la petite lui tient la main. Gueule cassée et gueule d’ange sont prises en charge.

Fin du calvaire?

Laetitia Gand

Site web

Blog : Le comptoir des mots

Article initialement publié le 22/04/2018

Source de l’image d’accueil : @nouriflayhan (Instagram)

Site : http://laetitiagand.simplesite.com/434673763

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